Publié le 30 Jul 2025 | 146 vue(s)
Du 19 au 26 mars 2025, une vague de dialogue et d'engagement a traversé plusieurs localités minières de la Côte d'Ivoire. De Pakouabo à N’guessankro, en passant par Bonikro, Dabakala et Kiémou, une mission portée par le projet planetGOLD Côte d’Ivoire a marqué les esprits. Mais derrière cette dynamique, un acteur a discrètement, mais résolument, joué un rôle pivot : le Centre Africain pour la Santé Environnementale (CASE).
C’est sous la houlette du CASE, l’une des agences d’exécution du projet, que s’est déroulée une vaste consultation locale autour d’un outil stratégique : le Guide d’Aide à la Formalisation de l’Exploitation Minière Artisanale et à Petite Échelle (EMAPE). Plus qu’un simple document technique, ce guide représente un levier structurant pour tout un secteur, longtemps laissé aux marges de la réglementation et de la sécurité.
Écouter, comprendre, co-construire
Loin d’imposer des solutions venues d’en haut, la démarche adoptée par le CASE s’est voulue inclusive, participative et ancrée dans les réalités du terrain. À chaque étape, les artisans miniers, les chefs de village, les autorités locales et les femmes leaders ont été invités à s’exprimer, à partager leurs préoccupations, leurs expériences, mais aussi leurs attentes.
Ce sont ces voix, parfois longtemps ignorées, qui ont façonné le contenu du guide. Des propositions concrètes ont émergé : carte d’identification officielle pour les artisans miniers, protocoles d’accord communautaire avant toute activité d’extraction, sécurisation des sites et réhabilitation progressive des zones exploitées. Autant d’éléments qui témoignent d’une volonté partagée de passer d’une exploitation désordonnée à une pratique responsable.
Le CASE, en facilitateur avisé, a veillé à donner de l’espace à chaque acteur, tout en rappelant les impératifs environnementaux, sociaux et économiques que le projet porte.
Le CASE : Un acteur de terrain au service de l’intérêt collectif
L’implication du CASE ne se limite pas à une coordination logistique. Elle s’inscrit dans une vision transversale de la santé environnementale et du développement durable. Chaque échange, chaque débat, chaque recommandation collectée vient nourrir une stratégie nationale plus large : celle de la transition vers une exploitation minière propre, sécurisée, formalisée.
En mettant en lumière des enjeux cruciaux comme la lutte contre le travail des enfants, l’amélioration de l’hygiène sur les sites ou encore la gestion des conflits communautaires, le CASE rappelle que la santé environnementale ne se limite pas aux questions sanitaires. Elle touche à la dignité des travailleurs, à la protection des communautés, à la préservation des terres et des ressources naturelles.
Vers un outil de référence nationale
L’étape suivante ? Un atelier national de validation, durant lequel le guide sera enrichi, consolidé, puis adopté comme document de référence pour le secteur de l’EMAPE. Là encore, le CASE jouera un rôle déterminant pour garantir que ce texte ne soit pas qu’un manuel théorique, mais un véritable outil d’action et de transformation sur le terrain.
Une démarche à saluer, un engagement à poursuivre
Ce que cette mission révèle, au fond, c’est la force du dialogue local comme socle du changement national. Elle montre aussi qu’un acteur engagé comme le CASE peut réconcilier les impératifs de développement, de gouvernance environnementale et d’équité sociale.
Loin des discours techniques déconnectés, c’est dans la poussière des pistes, les échanges sous les manguiers et les regards confiants des hommes, des femmes et des jeunes, que se bâtit une nouvelle vision du secteur minier artisanal en Côte d’Ivoire.
Une vision portée, structurée et consolidée par le CASE.